La relation complexe de la Génération Z avec le monde du travail



Jeudi 20 Juin 2024
Aurélien Delacroix

Une étude récente réalisée par Ipsos pour l'école d'ingénieurs Cesi révèle que si la génération Z valorise toujours le travail, son attachement à l'entreprise est en déclin. Entre aspirations professionnelles spécifiques et attentes non comblées, le fossé se creuse avec les dirigeants d'entreprise.


Une génération Z aux attentes nouvelles

La génération Z, composée des jeunes nés après 1995, redéfinit les contours de la relation au travail. Hyper-connectés, agiles et créateurs de contenus, ces jeunes professionnels sont perçus comme fondamentalement différents par 86% des chefs d'entreprise interrogés dans le cadre de l'étude Ipsos. Ces derniers reconnaissent la maîtrise supérieure des outils numériques et de l'intelligence artificielle par les « digital natives », mais ils expriment également une difficulté à comprendre leurs aspirations professionnelles.

Brice Teinturier, directeur général d'Ipsos, note un certain désarroi chez les dirigeants face à cette nouvelle cohorte. Ils sont 72% à considérer que les jeunes de moins de 30 ans sont moins fidèles à l'entreprise, et 57% les trouvent moins investis. Cette perception est renforcée par le fait que 53% des dirigeants estiment que la génération Z est moins respectueuse de la hiérarchie.

La génération Z ne contredit pas ces constats. L'attachement à l'entreprise semble bel et bien en perte de vitesse. Toutefois, cela ne signifie pas un désintérêt pour le travail. Au contraire, 85% des jeunes interrogés considèrent que réussir leur vie professionnelle est essentiel. Mais cette réussite doit s'aligner sur des critères bien précis. L'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est le critère principal pour accepter ou conserver un emploi. Ce sujet est encore plus crucial pour eux que pour leurs aînés. L'ambiance de travail, l'intérêt du poste, la localisation et la rémunération suivent de près dans leurs priorités.

Une nécessité d'adaptation pour les entreprises

Brice Teinturier explique : « On n'a pas du tout le sentiment d'un renoncement de la part de cette génération à s'investir, mais c'est véritablement sous conditions. Là est le vrai malentendu ». Ainsi, les jeunes n'hésitent pas à changer d'entreprise lorsque leurs attentes ne sont pas satisfaites. Environ 80% d'entre eux pensent qu'il est nécessaire de changer d'entreprise pour obtenir un meilleur salaire ou un poste plus intéressant. Le marché du travail actuel leur étant favorable, ils sont convaincus de pouvoir retrouver du travail et une meilleure rémunération ailleurs.

Face à ces nouvelles exigences, les entreprises doivent s'adapter rapidement. Les jeunes privilégient le dialogue à la démission, mais ce dialogue doit être productif sous peine de voir les jeunes collaborateurs se tourner vers la concurrence. Une situation que les dirigeants d'entreprise jugent préoccupante. Environ 32% des patrons craignent que l'arrivée de la génération Z dégrade l'organisation du travail. Ils éprouvent également des difficultés à offrir des salaires suffisamment attractifs, 58% d'entre eux le reconnaissant.

Pour attirer et fidéliser cette nouvelle génération, les entreprises doivent répondre à leurs attentes, notamment en matière d'équilibre vie professionnelle-vie personnelle et d'alignement des valeurs, en particulier sur des sujets comme l'écologie. Plus de la moitié des jeunes interrogés estiment que les entreprises ne leur donnent pas envie de les rejoindre. Cette situation pousse les employeurs à repenser leurs stratégies de gestion des ressources humaines pour créer un environnement de travail plus en phase avec les aspirations de la génération Z.

L'étude Ipsos, menée auprès de 1 000 jeunes âgés de 18 à 28 ans et de 405 chefs d'entreprise, révèle ainsi un portrait nuancé de la génération Z au travail : des jeunes attachés à leur épanouissement professionnel, mais exigeants quant aux conditions pour y parvenir. Les entreprises devront donc adapter leurs pratiques pour répondre à ces nouvelles attentes et maintenir leur attractivité auprès de cette génération en quête de sens et de flexibilité.








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