Défaillances d’entreprises : 2024, une année noire



Jeudi 9 Janvier 2025
Anton Kunin

Avec 66.422 défaillances d’entreprises comptabilisées en 2024, la France subit une crise économique d'une ampleur inédite depuis 2009. PME et ETI sont en première ligne, menaçant jusqu'à 260.000 emplois. Alors que les prévisions pour 2025 s'annoncent encore plus sombres, le tissu entrepreneurial semble à bout de souffle.


Les défaillances d’entreprises sont à leur plus haut historique

L’année 2024 restera gravée comme une année noire pour l’économie française. D’après les statistiques du groupe BPCE, 66.422 entreprises ont fait faillite en 2024, il s’agit d’un record jamais atteint en 15 ans. Par rapport à 2019, l’augmentation est d’ailleurs de 28%. Ces chiffres traduisent une crise qui s’est amplifiée dans le sillage du Covid-19, avec des pressions liées à l’inflation et à la hausse des taux d’intérêt. Cette situation pèse lourdement sur les PME et ETI, épine dorsale de l’économie française, dont les défaillances ont bondi de 51% depuis 2019.

Parmi elles, les entreprises de plus de 100 salariés ont vu leurs faillites augmenter de 57%, un chiffre alarmant pour des structures généralement plus résilientes. D’après Alain Tourdjman, directeur des études économiques chez BPCE, les taux d’intérêt élevés et une demande intérieure affaiblie ont plongé ces entreprises dans des difficultés critiques.

Les défaillances d’entreprises devraient s’amplifier en 2025

Le bilan social est également considérable. Environ 260.000 emplois ont été menacés par des procédures collectives en 2024. Pourtant, toutes les faillites ne se traduisent pas par une disparition définitive. L’exemple de Naf Naf, repris par le groupe turc Migiboy Tekstil, illustre que des solutions existent pour sauvegarder l’emploi, comme cela a été le cas pour 521 postes. Cependant, ces cas restent l’exception dans un contexte où la fin des aides étatiques et le poids des prêts garantis (« PGE ») pèsent sur les finances des entreprises.

Pour 2025, les perspectives restent sombres : BPCE anticipe 68.000 défaillances, en hausse de 2%. Les PME et ETI risquent d’entraîner dans leur chute de nombreux sous-traitants, menaçant tout l’écosystème économique. D’après Julien Laugier, économiste chez BPCE, la fragilité structurelle du tissu entrepreneurial pourrait encore s’aggraver en raison des incertitudes économiques et politiques. Les investissements, déjà en recul, pourraient chuter davantage, rendant la reprise encore plus difficile à envisager.








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