Accord Mercosur : Bruxelles valide, les 27 devront trancher



Jeudi 4 Septembre 2025
Anton Kunin

La Commission européenne a validé le texte final de l’accord UE-Mercosur, mais ce feu vert cache une étape cruciale : le consentement des 27 États membres. Malgré une architecture renforcée de garanties, notamment pour la France, la ratification reste incertaine. Les pays sud-américains, eux, sont plus acquis que Bruxelles à cet accord stratégique, sur fond d’enjeux climatiques majeurs.


Gouvernance renforcée, garanties ciblées pour la France

Le 3 septembre 2025, à Bruxelles, la Commission européenne a entériné le texte définitif de l’accord Mercosur, marquant une avancée majeure vers un traité commercial promis depuis plus de 20 ans – un accord politique initial conclu en 2019 mais en suspens depuis lors. Celui-ci doit désormais recevoir l’aval des 27 États membres. L’enjeu est double : préserver les intérêts européens nationaux, notamment ceux de la France, tout en répondant aux attentes énergisées du Brésil et de ses partenaires sud-américains.

Pour convaincre la France, la Commission a déclenché une batterie de garanties concrètes. Elle a ainsi introduit un mécanisme de suspension des importations en cas de non-respect des critères environnementaux et alloué des soutiens financiers spécifiques aux secteurs sensibles comme le sucre, la volaille et le bœuf. Dans la même veine, il y a des engagements ciblés de sauvegarde agricole, destinés à atténuer les tensions politiques domestiques. Pourtant, cette validation — qualifiée de « premier feu vert » — reste perçue comme un compromis fragile face aux critiques croissantes sur les volets écologique et social de l’accord.

Une réception contrastée entre Europe et Amérique du Sud

Sur le plan institutionnel, l’UE affiche un optimisme mesuré, avec à son actif la promesse de gains annuels de 4 milliards d’euros via la suppression des droits de douane et l’accès à un marché de 780 millions de consommateurs. Pour Valdis Dombrovskis, le commissaire européen à l'Économie, cet accord constitue « une étape importante de la politique commerciale de l’UE ».

En revanche, côté sud-américain, l’accueil est nettement plus enthousiaste. Plusieurs États latino-américains voient dans le texte un tremplin revitalisant leurs échanges avec l’UE, peut-être plus qu’elle-même, à l’heure où la complexité politique ralentit le processus.








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