Uber teste les courses par abonnement



Dimanche 4 Novembre 2018
Anton Kunin

Dans sa quête pour écarter la concurrence et asseoir sa domination du marché, Uber teste actuellement un dispositif d’abonnement. L’essai est restreint au marché américain, sa terre d’origine, mais est vu comme une démarche clé à une période où la firme prépare son entrée en Bourse.


Des tarifs préférentiels en échange d’un abonnement mensuel

Rares sont les pays où Uber peut se vanter d’être la seule application disponible aux consommateurs souhaitant commander un taxi. Sa direction en est bien consciente, et cherche visiblement à fidéliser ses clients tant qu’ils ne sont pas partis chez les concurrents. Depuis début novembre 2018, Uber propose donc aux habitants de cinq villes américaines (Los Angeles, Austin, Orlando, Denver et Miami) de prendre un abonnement, facturé 14,99 dollars par mois (24,99 dollars à Los Angeles). Celui-ci permet de réserver des courses à tarif préférentiel, même pendant les heures de pointe.

En proposant ces abonnements, Uber promet à ses clients une économie de 15% sur le prix de la course. En plus, les clients en possession d’un abonnement ne verront pas le tarif de leur course augmenter si jamais l’offre de véhicules diminue, suite à une demande accrue par exemple. (Pour rappel, à défaut Uber fixe ses tarifs de façon dynamique, en fonction de l’offre et de la demande à l’instant T.)

Uber se forge enfin un outil de fidélisation

Il n’est pas clair si ces abonnements engendreront des bénéfices pour Uber dans l’immédiat. D’une part, on peut le supposer : en effet, que le client commande des courses ou pas, Uber encaisse malgré tout ses 14,99 dollars. C’est ainsi que fonctionnent Netflix ou Spotify Premium, par exemple. D’autre part, dans l’hypothèse où un client commande un grand nombre de courses à des prix inférieurs aux tarifs standards, un tel client pourrait bien rapporter moins d’argent à Uber qu’un client qui aurait commandé les mêmes courses au tarif standard.

​À plus long terme, un tel dispositif pourrait être un outil de fidélisation, à l’image du programme Amazon Prime. En effet, Jeff Bezos l’avait confirmé lui-même : en ayant en tête le fait qu’ils ont déjà déboursé une cinquantaine d’euros dans leur abonnement Amazon Prime, ces clients sont moins enclins à aller voir ailleurs et achètent plus volontiers chez Amazon, en sachant qu’ils bénéficient aussi d’avantages auxquels les clients ordinaires n’ont pas droit. Et un outil de fidélisation, Uber en a grand besoin : n’oublions pas que la firme est en train de préparer son entrée en Bourse courant 2019. Rassurer les investisseurs sur l’attractivité et la solidité de son modèle est donc un impératif.



Tags : Uber

Dans la même rubrique :
< >





Passage à 80 km/h : pour « 40 millions d’automobilistes », le compte n’y est pas

18/10/2018

Vers la fin du conflit salarial chez Air France

18/10/2018

Taxe d’habitation, retraites… : pour le think-tank Rexecode, le gouvernement aurait tout faux

16/10/2018

SNCF : un concours pour encourager les agents à verbaliser

15/10/2018

Air France : hausse des salaires en vue

08/10/2018

Des gestionnaires privés au secours des petites lignes

06/10/2018

Le taux de chômage devrait diminuer à 8,9% d'ici fin 2018

05/10/2018

Audiovisuel public : une commission parlementaire préconise de nouvelles pistes

04/10/2018