Faire reculer le sans-abrisme : les pistes ne manquent pas



Jeudi 30 Janvier 2020
Anton Kunin

À un jour d’intervalle, la Fondation Abbé-Pierre et l’OCDE formulent une série de recommandations afin de faire reculer le phénomène de sans-abrisme.


Proposer des logements abordables, la clé de l’éradication du sans-abrisme

Les décennies passent, mais le sans-abrisme continue de faire partie du quotidien à travers le monde. Pire, dans certains pays le phénomène prend de l’ampleur, comme en Islande (+168% entre 2009 et 2017), au Portugal (+157% entre 2014 et 2018) ou encore en Irlande (+107% entre 2014 et 2018), révèle l’OCDE dans un rapport sur le sujet. Les trois-quarts des pays de l'OCDE sont aujourd’hui concernés par une hausse du sans-abrisme. Et ce n’est pas uniquement un problème de logement. En France, les chercheurs ont constaté que l'âge moyen de décès des sans-abris était inférieur de 30 à 35 ans à celui de la population générale.

Pour l’OCDE, les pays devraient investir dans la prévention, notamment en rendant les logements plus abordables. L'Australie offre un bon exemple du travail de prévention puisque ce pays a mis en place un « indice de risque de sans-abrisme ». Des efforts destinés à encourager l'offre de logements abordables ou à atténuer la hausse des prix du logement doivent également être entrepris, recommande l’OCDE.

Les politiques de lutte contre le sans-abrisme doivent être locales

Dans son rapport annuel sur le mal-logement, la Fondation Abbé-Pierre pointe quant à elle le caractère souvent inadapté des politiques nationales de lutte contre le sans-abrisme. Selon les auteurs du rapport, il faudrait adapter les normes et les dispositifs à la diversité des situations locales. Dans certaines communes, il faudrait réguler davantage les plates-formes de location touristique et mettre en place, au niveau local, des aides fiscales à l’investissement locatif.

La Fondation Abbé-Pierre s’attaque aussi aux mesures qui peuvent aggraver les difficultés des sans-abris, comme les arrêtés anti-mendicité, anti-bivouac, anti-glanage ainsi que le mobilier urbain anti-SDF. Les municipalités devraient au contraire proposer aux sans-abris des toilettes, bains-douches, laveries et fontaines gratuites. Enfin, il faudrait faire participer des personnes sans abri à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques qui les concernent, et au fonctionnement des services qu’elles fréquentent.




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