Optimisme prudent sur la croissance au deuxième trimestre



Jeudi 16 Mai 2024
Aurélien Delacroix

Le produit intérieur brut devrait connaître une légère progression au deuxième trimestre 2024, après une croissance de 0,2 % au premier trimestre, selon les prévisions de la Banque de France. Cette estimation, basée sur l'enquête mensuelle de conjoncture menée par l'institution, souligne cependant une incertitude accrue en raison des nombreux jours fériés en mai et du changement de base des comptes nationaux par l'Insee.


Une croissance stimulée par les services

La Banque de France souligne que l'activité économique a progressé en avril, notamment dans les services marchands, et de manière plus significative que prévu dans l'industrie et le bâtiment. « L'activité a progressé en avril dans les services marchands, et plus significativement qu'anticipé le mois dernier dans l'industrie et le bâtiment », a déclaré l'institution.

Les services marchands, incluant le commerce, les services aux entreprises et l'information-communication, devraient être les principaux moteurs de cette croissance. Cette tendance est confirmée par l'enquête menée auprès de 8.500 chefs d'entreprise, qui anticipe cependant un déclin de l'activité industrielle et dans le bâtiment en mai, tandis que l'activité dans les services devrait stagner en raison des jours fériés.

Bien que la croissance du PIB soit attendue pour le deuxième trimestre, la Banque de France met en garde contre une incertitude plus large qu'habituellement. « La prévision de croissance pour le deuxième trimestre est entourée d'une incertitude plus large qu'habituellement en raison des jours fériés et ponts du mois de mai », a précisé l'institution. Pour l'ensemble de l'année 2024, la Banque de France table sur une croissance de 0,8 %, une estimation plus pessimiste que celle du gouvernement, qui prévoit 1 %.

Incertitude et modération sur les prix de vente

En avril, l'activité a progressé dans les services, l'industrie et le bâtiment, profitant d'un rattrapage après un mois de mars en retrait et en prévision d'un ralentissement en mai. Selon Olivier Garnier, directeur général chargé des statistiques, des études et de l'international à la Banque de France, « à l'intérieur des trois secteurs, quasiment tous les sous-secteurs (...) sont en hausse ».

Les carnets de commandes restent cependant dégradés dans l'industrie, sauf dans l'aéronautique, et très en retrait par rapport à la période pré-Covid dans le gros œuvre du bâtiment, pénalisé par la morosité de la construction de logements neufs. La Banque de France note également une poursuite de la modération des prix de vente dans un contexte de repli de l'inflation. Le gouverneur François Villeroy de Galhau indique que cette situation pourrait conduire la Banque centrale européenne (BCE) à baisser ses taux le 6 juin prochain.

En juin, la Banque de France publiera ses nouvelles prévisions macroéconomiques à moyen terme, intégrant les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement pour redresser les finances publiques. Les perspectives économiques demeurent donc marquées par une combinaison de légères améliorations sectorielles et de fortes incertitudes liées au calendrier et aux politiques économiques en cours.




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