Chine et Russie signe un contrat gazier gigantesque sur fond de tensions Est-Ouest



Jeudi 22 Mai 2014
Paolo Garoscio

La question de l’Ukraine, l’annexion de la Crimée, la guerre civile dans le pays et les référendums organisés par les pro-russes ont fait retomber la Russie et les Etats-Unis dans une micro-guerre froide. C’est sur ce fond de tensions internationales que la Russie et son fidèle allié la Chine ont signé un contrat qui risque de faire basculer la géopolitique mondiale.


cc/Flickr/ Stuck in Customs
cc/Flickr/ Stuck in Customs
Cela faisait près de dix ans que les deux pays étaient en discussions pour un contrat gazier. Il a été signé le mercredi 21 mai 2014 et risque bien de changer les choses. Car ce contrat est gigantesque : la valeur estimée, sur trente ans, est de 400 milliards d’euros. De quoi garantir à la Russie une certaine stabilité économique durant les années à venir.

La Russie fournira donc du gaz à son voisin chinois qui est de plus en plus friand d’énergie. La consommation de gaz a, en 2013, augmenté de 25% en un an ce qui a sans doute précipité l’accord entre les deux pays qui, jusqu’à présent, n’étaient pas parvenus à un accord sur le prix. Au final, ce sera un prix de 350 dollars les 1 000 mètres cubes de gaz qui aura été défini. L’approvisionnement augmentera progressivement jusqu’à atteindre 38 milliards de mètres cubes par an en 2018. Le contrat, lui, a été signé pour trente ans.

La signature, historique, met en position dominante Poutine face à l’Union Européenne puisqu’il peut désormais se permettre de menacer l’UE de lui couper l’approvisionnement en gaz. L’Union Européenne garantissait en effet jusqu’à présent un achat de gaz considérable ce qui créait une sorte d’équilibre entre les deux puissances : l’UE était dépendante du gaz russe pour son énergie (elle importe un quart de sa consommation chez GazProm) mais la Russie était dépendante de l’achat de gaz par l’UE pour son économie. Avec ce contrat chinois, le rapport de force balance désormais du côté de la Russie.

D’autant plus que l’Union Européenne n’a pas une solution alternative pour s’approvisionner en gaz : les Etats-Unis seraient une option, mais le prix de revient du gaz américain risque d’être trop élevé puisqu’il serait acheminé par bateau alors que la Russie approvisionne directement via gazoduc.








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