Secteur de l’édition : quel bilan pour l’année 2013 ?



Jeudi 30 Janvier 2014
La Rédaction

Depuis plusieurs années maintenant, le secteur de l’édition traverse une profonde reconfiguration. Ses acteurs se repositionnent et la plupart ont, semble-t-il, précisé leurs ambitions pour se maintenir compétitifs sur le marché. À n’en pas douter, le bilan de l’année 2013 est aussi celui des nouvelles stratégies.


« Je pense que le nombre de grands éditeurs pourrait vraisemblablement être divisé par deux dans les années à venir », lançait Georges Lossius, Patron de Publishing Technology en janvier 2013. Prononcé à l’issue d’une année riche en fusions et autres rapprochements stratégiques dans le secteur de l’édition, cet avis en forme de prédiction illustre l’intensité du stress qui règne sur le marché de l’édition aujourd’hui. À cet égard, la France ne fait bien sûr pas exception. Mais tous les éditeurs ne sont pas désemparés. Certains rivalisent de nouvelles stratégies et portent de nouvelles conceptions de leur métier.

Après une année dans le rouge…

L’ensemble des ventes de biens culturels a reculé de 3 % en 2012. Le secteur traverse une mauvaise passe, et le livre ne fait pas exception. Mais la situation de ce dernier n’est toutefois pas catastrophique. D’après les chiffres du Syndicat National de l’Édition en effet, son chiffre d’affaires global a reculé de 1,2 %, passant de 2.804 millions d’euros à 2.771 millions d’euros entre 2011 et 2012. C’est donc moins que la moyenne du secteur et cela montre qu’au sein de l’industrie culturelle, la filière du livre est parvenue à encaisser le coup. Mais il est aussi intéressant de constater que la production d’ouvrages a augmenté de 1,7 %, malgré ce recul de vente. Indéniablement, cela suggère qu’une partie des offres qui composent ce marché n’est plus en accord avec la demande.
 
Revoir la politique de l’offre est ainsi devenu un enjeu d’autant plus crucial que l’arrivée d’Amazon a bouleversé le secteur du livre. « La force d’Amazon et sa taille sont telles qu’il a irrévocablement modifié la composition et la structure de l’industrie de l’édition », résume le site Envie d’Ecrire, « Amazon a encore le quasi-monopole sur la consommation d’ebook et sur l’auto-édition ». Et le potentiel d’internet pour les auteurs est encore loin d’être entièrement libéré. Naturellement ces questions mobilisent l’attention des plus grands professionnels du secteur comme des plus petits.

Les secteurs du livre en reconfiguration

"Miss Auras", John Lavery / Wikipedia / CC
"Miss Auras", John Lavery / Wikipedia / CC
Ne pouvant proposer une offre exhaustive dans une boutique en dur, certains libraires traditionnels font valoir leurs atouts spécifiques avec succès. « Une librairie c’est une entité : ce sont des gens, une équipe », explique Gérard Collard au micro de BFM Business. « Une libraire c’est une âme », poursuit le libraire le plus médiatique de France, « avec des responsabilités, sa gestion des stocks, une liberté dans le choix de ses titres ». Gérard Collard a des choses à dire au sujet du métier de libraire et de l’identité de la profession. Et pour cause, sa boutique, la Griffe Noire, est une institution partout imitée : même Amazon s’inspire des fameuses étiquettes dont se servent depuis toujours Gérard Collard et son équipe pour mettre en avant leurs coups de cœur littéraire dans les rayons.
 
Du côté des éditeurs traditionnels, la définition du métier s’affûte également. Mesuré, le PDG de Hachette Livre, Arnaud Nourry, considère que les maisons d’édition historiques traversent une période charnière sans pour autant en exagérer la portée. D’après lui, « l’histoire du numérique dans l’édition ne sera pas celle d’une révolution, mais celle d’une transformation et d’une évolution lente et vertueuse dont nos auteurs seront aussi les bénéficiaires ». Faisant des NTIC une opportunité, Hachette Livre entend donc perpétuer le livre papier tout en répondant aux nouveaux usages. C’était d’ailleurs tout l’enjeu des accords passés entre le n°2 mondial de l’édition grand public et Google, pour la numérisation de plus de 40 000 ouvrages en langue française non réédités.
 
L’idée que la dématérialisation du livre complète davantage qu’elle ne remplace les supports physiques est un point de vue largement partagé, y compris chez des acteurs de plus petite taille. « Le principal défi des éditeurs est de maintenir et nourrir le lien avec les lecteurs, qui reste très fort avec des marques comme Folio, Gallimard ou la Pléiade », expliquait Anna Assous, directrice marketing du groupe Gallimard dans une récente étude réalisée par Ernt & Young. Une manière de rappeler que l’éditeur reste le premier prescripteur de talents auprès des lecteurs. « Moi, j’ai un public éclairé et mes ouvrages sont plus pointus. Je suis considéré comme une référence et solidement ancré chez les libraires et libraires spécialisés », confirme Yves Michel à la tête des éditions Le Souffle d’Or. En quelques phrases, tout est dit : l’arrivée du web ne remet en cause ni l’avenir des librairies, ni le rôle pivot des éditeurs. Elle les force simplement à ne pas se complaire dans le rôle du simple commerçant, si tant est qu’ils ne l’aient jamais fait.
 
Pour ces professionnels qui entendent s’adresser au grand public autant qu’aux hyperspécialistes, l’enjeu est désormais toujours de tisser une relation durable, voire intime, avec le lectorat. Et face à la profusion de l’offre aujourd’hui proposée par les nouveaux acteurs comme Amazon, c’est bien sur leur compétence en matière de « curation » que les acteurs français du livre entendent faire la différence aujourd’hui.
 








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