Fin de partie pour CanalPlay, le « Netflix français »



Vendredi 29 Juin 2018
Anton Kunin

Lancé fin 2011, le service SVOD de Canal+ va bientôt s’arrêter. Concurrence de Netflix et d’Amazon Prime Video, barrières règlementaires, érosion du nombre d’abonnés… : CanalPlay ne s’estime plus viable dans le contexte actuel.


CanalPlay s’arrêtera « à une échéance plutôt courte »

Auditionné devant la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, Maxime Saada, le président du directoire du Groupe Canal+, a annoncé l’arrêt de CanalPlay. L’information a par la suite été confirmée par Cnet, dont le journaliste s’est entretenu avec le service communication de Canal+. Sans donner de timing précis, ce dernier a néanmoins évoqué l'arrêt du service « à une échéance plutôt courte ».

Une solution de remplacement devrait être mise en place, qui s’appuiera sans doute sur le service MyCanal. En ce moment, des modalités de souscription spéciales figurent sur le site de CanalPlay, valables jusqu’au 25 juillet 2018. Quelle forme CanalPlay prendra-t-il et que deviendront ses abonnés actuels ? On devrait en savoir plus à la rentrée 2018.

Pression fiscale, concurrence des géants américains… : CanalPlay n’est plus viable

Lors de son audition Maxime Saada a longuement expliqué les différences majeures entre l’activité de Canal+ et celle de ses concurrents, notamment les Américains Netflix et Amazon Prime Video. Selon lui, pour Amazon les contenus audiovisuels ne sont qu'un produit d'appel, qui lui permettent de se faire un nom pour vendre plus de produits physiques, tandis que les films et séries constituent le cœur d’activité de Canal+. Pour lui, cet état des choses constitue « une forme d'iniquité vis-à-vis des acteurs américains ».

Maxime Saada a également évoqué la pression fiscale qui n’a fait qu’augmenter. Bénéficiant d’une fiscalité avantageuse depuis 1984, dont une TVA à 5,5%, Canal+ a vu son taux passer à 7% en 2012, ce qui lui a coûté 40 millions d’euros supplémentaires. 120 millions d’euros s’y sont ajoutés en 2014, lorsque ce taux est passé de 7 à 10%.

« En deux ans on a été rayés de la carte de ce marché qui est en train de se substituer à la télévision », a-t-il conclu.








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