Un milliard d'euros ponctionné aux mutuelles : une mesure qui inquiète



Jeudi 16 Janvier 2025
Anton Kunin

Le gouvernement prévoit une contribution exceptionnelle de la part des mutuelles santé pour financer le système de sécurité sociale en 2025. Cette décision suscite des réactions contrastées, entre soulagement concernant les remboursements et craintes d'une hausse des cotisations pour les assurés.


Une taxation justifiée mais controversée

En vue du budget 2025 de la Sécurité sociale, le gouvernement impose une contribution exceptionnelle d’un milliard d’euros aux mutuelles santé, instituts de prévoyance et assureurs santé. Initialement prévue pour compenser une hausse du ticket modérateur sur les consultations et une baisse des remboursements par l’Assurance maladie, cette taxation survient alors que ces mesures ont été abandonnées.

Les mutuelles, qui avaient anticipé ces transferts de charges, ont augmenté leurs tarifs de 6% en moyenne pour 2025. Selon Florence Lustman, présidente de France Assureurs, cette hausse était légitime en raison de l’inflation des dépenses de santé et des nouvelles mesures comme la gratuité du vaccin contre la bronchiolite. Cependant, la demande de restitution par l’État de ces augmentations suscite incompréhension et opposition. Éric Chenut, président de la Mutualité française, avertit que l’augmentation de la taxe de solidarité additionnelle (TSA) nécessaire pour récolter cette somme impactera le pouvoir d’achat des Français.

En 2020 et 2021, une mesure similaire avait été mise en place lors de la crise du Covid-19. Les mutuelles avaient alors contribué à hauteur de 1,5 milliard d’euros grâce à une réduction temporaire de la consommation de soins. Toutefois, cette ponction avait été suivie d’une hausse des cotisations pour compenser un rattrapage des soins.

Un équilibre fragile entre fiscalité et cotisations

L’État prévoit de récupérer ce milliard d’euros via une hausse temporaire de la TSA, qui pourrait augmenter de deux points, portant son taux moyen à 15%. Cette taxe, habituellement destinée à financer des dispositifs comme la Complémentaire santé solidaire (C2S), représente déjà un prélèvement significatif sur les cotisations.

Catherine Vautrin, la ministre de la Santé, s’est engagée à ce que cette contribution exceptionnelle ne pèse pas directement sur les tarifs des mutuelles. Cependant, certains acteurs du secteur doutent de cette garantie. L’augmentation continue des dépenses de santé et l’inflation générale font craindre une répercussion inévitable sur les assurés.

En parallèle, des voix s’élèvent pour critiquer le manque de concertation avec les mutuelles. Ces dernières rappellent qu’elles participent à la couverture de frais de santé toujours plus élevés, notamment avec le développement de nouvelles prestations comme le « 100% santé ». Pour elles, l’impact combiné de cette taxe et des coûts croissants risque de créer une pression insoutenable sur les finances des assurés.








Petits colis : Bruxelles veut mettre fin à l’exonération douanière

13/11/2025

PLFSS 2026 : l’Assemblée s’attaque à la fiscalité de l’alcool

06/11/2025

Autorisation de découvert : comment une directive européenne redessine le modèle des banques

30/10/2025

France Travail : les jeunes pourront bientôt bénéficier plus facilement de l’Assurance chômage

23/10/2025

Airbus devance Boeing et consolide sa suprématie industrielle

16/10/2025

Le prix Nobel Joseph Stiglitz plaide l’adoption sans attendre de la taxe Zucman

02/10/2025

La dette publique française dépasse 3.416 milliards et atteint 115,6% du PIB

25/09/2025

Donald Trump impose des frais de 100.000 dollars par demande de visa H-1B, la Silicon Valley s’alarme

19/09/2025
Facebook
Twitter