Royaume-Uni : vers un développement soucieux du bonheur national ?



Vendredi 27 Juillet 2012

S’il est un débat qui divise le monde de l’économie, c’est bien celui d’un indicateur de développement alternatif à la croissance économique. De nos jours, l’accumulation de richesse n’est en effet plus considérée comme la source absolue du progrès. Par ailleurs, la finitude des ressources naturelles remet de plus en plus en question son éternelle poursuite. Dès lors, comment évaluer correctement le niveau et le rythme du développement d'un pays ? Il revient à l’Office national des statistiques britanniques d’avoir suggéré en 2012 la valeur d’un indicateur alternatif évaluant le niveau de bonheur des individus.


Royaume-Uni : vers un développement soucieux du bonheur national ?
Au XXIe siècle, on ne fait plus automatiquement rimer croissance avec progrès. Surveiller l’évolution du PIB est certes utiles à la gestion macroéconomique d’un pays, mais un indicateur qui enregistre en positif un crash de voiture au motif qu’il fait travailler le garagiste et le corps médical n’est désormais plus considéré comme suffisant pour donner une représentation fidèle du développement.
 
Fort de ce constat, des initiatives ont vu le jour dès les années 1970 et l’intervention des premières crises pétrolières pour élaborer des indicateurs complémentaires ou plus pertinents que le seul taux de croissance du PIB. À cet égard, l’exemple le plus abouti est sans doute offert par le Bhoutan. À l’initiative de son ancien monarque Jigme Singye Wangchuck, le pays s’est doté en 1972 d’un indicateur de bonheur national brut (BNB). Devenu indice économique officiel du pays inscrit dans la constitution, le BNB bhoutanais est un agrégat de 72 indicateurs de bonheur déterminé à partir des quatre principes directeurs : le développement économique et la gouvernance responsables, la préservation de la culture nationale et le développement durable.
 
Plus récemment, c’est le Royaume-Uni qui a fait montre d’innovation en publiant par l’intermédiaire de son Office for National Statistics un indicateur du bonheur des citoyens britanniques.  En 2010, David Cameron avait en effet missionné le Bureau des Statistiques nationales afin d’élaborer un indicateur du bonheur psychologique et physique national. Avec ce projet, l’ambition du premier ministre britannique était de disposer d’un indicateur socio-économique complémentaire de référence dans le cadre des prises de décisions publiques.
 
C’est aujourd’hui chose faite puisqu’en juillet 2012, le Bureau de Statistiques britanniques publiait une des premières éditions de l’« index du bonheur ». Résultat d’un sondage réalisé sur un échantillon de 200 000 personnes, cet index a révélé que les Britanniques évaluaient en moyenne le niveau de satisfaction général de leur vie à 7 sur une échelle allant de 1 à 10. Les résultats de l’indice ont notamment révélé des disparités de satisfaction selon la situation géographique, l’âge – les jeunes et les personnes âgées s’estimant plus satisfaites que les actifs – et le sexe des individus – les femmes témoignant d’un niveau de satisfaction plus élevé que les hommes –.
 
L'adoption par le Royaume-Uni d’un indicateur de bonheur national est un signe fort en direction d’un renouvellement des critères communément accepté par les pouvoirs publics pour juger du niveau et du rythme de développement d’un pays. Ce geste s’inscrit en effet dans une tendance vieille de plusieurs décennies à la relativisation de la prépondérance du PIB. Pour être réellement significatif toutefois, cet indice doit encore prouver sa capacité à influencer effectivement les processus de décisions au sein de l’administration étatique britannique. Les régions de Londres et des West Midlands vont-elles bénéficier prioritairement du soutien du gouvernement au motif qu’elles sont arrivées en queue du classement de satisfaction ? L’insatisfaction relative des individus en âge d’être actifs par rapport aux jeunes et aux personnes âgées va-t-elle faire l’objet d’une enquête publique pour en comprendre les raisons ? Il est encore tôt pour constater l’influence réelle de « l’index du bonheur » sur la gestion du Royaume-Uni par les pouvoirs publics. Il en faudrait toutefois peu pour que cette statistique originale suscite des initiatives et illustre ainsi son utilité et inspire toute administration étatique soucieuse d’être plus en phase à la réalité socio-économique.








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