Premiers pas prudents pour l'euro numérique



Jeudi 19 Octobre 2023
Aurélien Delacroix

L'euro numérique, un projet ambitieux de la BCE, suscite déjà des inquiétudes liées à la désinformation et à la surveillance potentielle des citoyens. Alors que la BCE entre dans une phase préparatoire de deux ans pour tester cette nouvelle forme de monnaie, elle doit également combattre les idées fausses et rassurer un public parfois sceptique.


Les obstacles que l'euro numérique doit surmonter

Après deux années d'évaluation, la Banque centrale européenne a lancé la « phase préparatoire » pour l'euro numérique, une étape qui durera également deux ans. L'annonce a été faite par Christine Lagarde, la présidente de la BCE, qui a souligné la nécessité de « préparer notre monnaie pour le futur ». Cette phase a pour but de tester et d'expérimenter le fonctionnement de cette nouvelle forme de monnaie. Cependant, il est important de noter que cette phase préparatoire ne signifie pas une approbation formelle pour l'émission de l'euro numérique. Une décision finale sera prise après l'achèvement du processus législatif de l'Union européenne.

Avant même son lancement, l'euro numérique suscite déjà des craintes parmi le public, alimentées en partie par des campagnes de désinformation. Des voix s'élèvent sur les réseaux sociaux prétendant que l'euro numérique aurait pour objectif de supprimer l'argent liquide et permettre une surveillance accrue des citoyens. En réponse à ces inquiétudes, la BCE insiste sur le fait que l'euro numérique ne vise pas à remplacer les espèces, mais à compléter le système monétaire actuel.

Une alternative gratuite et confidentielle

L'euro numérique est envisagé comme une alternative aux paiements en espèces et aux cartes de crédit, actuellement dominés par des géants comme Visa et Mastercard. « Gratuitement, et qui garantirait le plus haut niveau de confidentialité », a indiqué Christine Lagarde. Ce nouvel outil monétaire est destiné à servir environ 350 millions d'Européens dans leur vie quotidienne. Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, a également souligné la volonté de l'institution de lancer un euro numérique parallèlement aux espèces, afin de répondre à la baisse continue de l'utilisation des paiements en liquide.

La BCE s'efforce de dissiper les malentendus tout en avançant prudemment avec son projet ambitieux. Avec la promesse d'une alternative de paiement gratuite et confidentielle, cette initiative a le potentiel de transformer le paysage financier européen, à condition de surmonter les obstacles liés à la désinformation et à l'acceptation publique.




Dans la même rubrique :
< >





Dépôts de brevets : Stellantis et Safran en tête en 2025

03/03/2026

SNCF : 1,8 milliard d’euros de bénéfices, et après ?

26/02/2026

Numérique : l’équipement progresse, les compétences suivent mal

19/02/2026

Droit de douane à 30% pour la Chine : Bercy prend ses distances avec le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan

13/02/2026

Travail et pouvoir d’achat : pourquoi les Français doutent

05/02/2026

Android : comment l’UE veut limiter l’avantage de Google en intelligence artificielle

29/01/2026

BNP Paribas et Société Générale : des suppressions de postes massives annoncées

22/01/2026

Grève à la SNCF : la direction dévoile ses propositions aux cheminots

15/01/2026
Facebook
Twitter