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  <title>Economie Hebdo</title>
  <description><![CDATA[L'essentiel de l'économie]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-08T15:14:11+02:00</dc:date>
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   <title>Fast-fashion : la Chine exige que la France abandonne son malus visant Shein et Temu</title>
   <pubDate>Thu, 03 Sep 2026 18:05:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Anton Kunin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[France]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   À peine entrée en vigueur, la nouvelle offensive française contre la fast-fashion provoque une crise commerciale avec Pékin. La Chine dénonce une mesure « discriminatoire » qui pénaliserait surtout ses plateformes de commerce électronique, menace Paris de contre-mesures et invoque les règles de l’OMC. La France, elle, assume un mécanisme environnemental inédit, avec des pénalités qui peuvent déjà atteindre 12 euros par vêtement.     <div><b>Fast-fashion : la Chine exige l’arrêt immédiat du dispositif français</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.economie-hebdo.fr/photo/art/default/97916291-68170689.jpg?v=1788496437" alt="Fast-fashion : la Chine exige que la France abandonne son malus visant Shein et Temu" title="Fast-fashion : la Chine exige que la France abandonne son malus visant Shein et Temu" />
     </div>
     <div>
      Le ton est monté brutalement entre la Chine et la France le jeudi 3 septembre 2026. Deux jours après l’entrée en vigueur du malus français sur la mode ultra-éphémère, la porte-parole du ministère chinois du Commerce, Huang Ling, a demandé à Paris de revenir sur son dispositif. <strong>Pékin estime que la loi française sur la fast-fashion frappe de manière disproportionnée des entreprises chinoises comme Shein, Temu et AliExpress et qu’elle pourrait enfreindre le principe de non-discrimination de l’Organisation mondiale du commerce.</strong> <br />   <br />  Cette offensive diplomatique intervient alors que la France vient de donner une traduction financière très concrète à une loi destinée à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile. Depuis le 1er septembre 2026, les contributions versées par certains producteurs à l’éco-organisme de la filière sont majorées lorsque leur modèle relève de la mode ultra-express. <strong>Derrière l’affrontement commercial se joue donc une question plus large : jusqu’où un État peut-il renchérir le coût d’un modèle économique sans être accusé de viser, de fait, des concurrents étrangers ?</strong> <br />   <br />  Pékin ne formule plus seulement des réserves. Le gouvernement chinois demande désormais explicitement la suspension du mécanisme. « <em>La Chine exhorte la France à arrêter immédiatement la mise en œuvre de la loi contre l’ultra-fast-fashion</em> », a déclaré Huang Ling, porte-parole du ministère chinois du Commerce. Elle reproche à Paris d’avoir maintenu ce qu’elle qualifie de restriction commerciale « <em>manifestement discriminatoire</em> », malgré les objections déjà formulées par la Chine. <br />   <br />  <strong>L’argument chinois est juridique autant qu’économique. Selon le ministère du Commerce, la France invoquerait la protection de l’environnement et la durabilité pour imposer, en pratique, un « <em>double standard</em> » susceptible de contrevenir au principe de non-discrimination de l’OMC.</strong> Pékin affirme également que le dispositif occasionne des pertes d’exploitation importantes aux sociétés chinoises concernées et qu’il porte atteinte aux intérêts des consommateurs français. <br />   <br />  La menace de riposte est explicite, même si aucune mesure précise n’a encore été annoncée. « <em>La France supportera toutes les conséquences qui en résulteront</em> », a averti Huang Ling. <strong>La porte-parole assure que la Chine adoptera les « <em>mesures nécessaires</em> » afin de protéger les droits et intérêts de ses entreprises si Paris maintient sa position.</strong> Le contentieux dépasse ainsi la seule réglementation textile : il ouvre la possibilité d’un nouvel épisode de tension commerciale entre la deuxième économie mondiale et l’un des principaux États membres de l’Union européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une taxe fast-fashion pouvant grimper à 19,50 euros pour une veste</b></div>
     <div>
      Le terme de taxe est pratique, mais juridiquement imparfait. Le dispositif français prend la forme d’une modulation défavorable de l’éco-contribution payée par les producteurs de textiles à l’éco-organisme de leur filière. L’arrêté publié au Journal officiel le 28 août prévoit son application à compter du 1er septembre 2026. <strong>Le malus est plafonné à 50% du prix du produit et ne peut dépasser 12 euros en 2026. À partir de 2030, une veste pourra supporter jusqu’à 19,50 euros de pénalité.</strong> <br />   <br />  Les écarts sont déjà sensibles. En 2026 et 2027, le barème prévoit 0,50 euro pour un boxer, un slip, un caleçon ou des chaussettes concernés, 2 euros pour un T-shirt ou un polo, 6 euros pour une chemise ou un pull, 7 euros pour une robe ou un pantalon, 9 euros pour un jean et 12 euros pour un manteau ou une veste, selon l’arrêté publié sur Légifrance. Les montants augmentent ensuite progressivement : le jean peut atteindre 17,25 euros à partir de 2030 et le manteau ou la veste 19,50 euros. <br />   <br />  Le mécanisme ne frappe pourtant pas indistinctement tous les vêtements bon marché. Pour les produits visés par le barème, la pénalité s’applique lorsque le score prévu par l’arrêté est inférieur ou égal à 0,8. Le calcul repose sur deux composantes pondérées chacune à 50% : la largeur de la gamme commercialisée et l’incitation à la réparation. En clair, un modèle fondé sur une profusion exceptionnelle de références et sur des articles dont la réparation est économiquement peu attractive a davantage de risques de tomber dans le champ du malus. <br />   <br />  Le gouvernement revendique pleinement cette philosophie. « <em>La France est le premier pays au monde à mettre en place un tel dispositif</em> », a déclaré Serge Papin, le ministre chargé notamment du Commerce et des PME. Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, présente de son côté le malus comme un outil destiné à corriger les effets environnementaux et économiques d’un modèle où les vêtements sont achetés, renouvelés et éliminés à très grande vitesse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Shein, Temu et AliExpress : pourquoi les groupes chinois sont ciblés</b></div>
     <div>
      Les textes ne dressent pas une liste de nationalités interdites. Dans les faits, toutefois, leur architecture concentre la pression sur les plateformes qui proposent des catalogues gigantesques et un renouvellement permanent des références. C’est précisément ce point qui alimente la colère chinoise. <strong>Le cabinet de Mathieu Lefèvre cite un écart spectaculaire : environ 300 références différentes par an chez Ba&amp;sh, 17.400 chez Kiabi, près de 20.000 chez Zara et plus de 1,7 million chez Shein.</strong> <br />   <br />  Cette différence d’échelle permet aussi au gouvernement de défendre l’exclusion, dans la configuration actuelle, de plusieurs grands noms de la fast-fashion traditionnelle. Primark, Zara, Uniqlo ou H&amp;M ne seraient pas concernés par le malus. Le cabinet de la Transition écologique assure par ailleurs avoir testé le dispositif sur Kiabi, Decathlon, Jules, Petit Bateau, E.Leclerc et Carrefour sans que ces entreprises soient touchées. C’est précisément cette frontière entre fast-fashion et ultra-fast-fashion que Pékin considère comme artificielle et discriminatoire. <br />   <br />  Le phénomène que Paris cherche à contenir est aussi logistique. <strong>En 2025, plus de 180 petits colis entraient chaque seconde sur le marché européen et 93% provenaient de Chine.</strong> Ces volumes expliquent pourquoi Shein, Temu et AliExpress se retrouvent au cœur d’un mouvement réglementaire plus général visant les importations de très faible valeur, la sécurité des produits et le coût environnemental du commerce électronique transfrontalier. <br />   <br />  La loi française ne se résume d’ailleurs pas au malus financier. Elle comporte également un volet sur la promotion commerciale de la mode ultra-express, notamment la publicité et l’influence commerciale. La Commission européenne a exprimé des réserves sur la compatibilité de certaines dispositions publicitaires avec le droit européen. Paris affirme avoir modifié son dispositif pour répondre aux préoccupations de Bruxelles et se dit confiant dans sa solidité juridique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Chine brandit l’OMC, Paris refuse l’accusation de discrimination</b></div>
     <div>
      La réponse française au coup de semonce chinois ne consiste pas à reculer. Une source du bureau français du Commerce extérieur et de l’Attractivité a assuré que la loi « <em>n’est pas discriminatoire</em> » et qu’elle vise à « protéger l’environnement et les consommateurs ». Paris souligne que les critères du dispositif portent sur des pratiques économiques et environnementales, et non sur la nationalité des entreprises. <br />   <br />  La France ne ferme pas pour autant la porte à une contestation multilatérale :&nbsp; la Chine est parfaitement en droit de soumettre ses objections techniques à l’Organisation mondiale du commerce, estime-t-on à Paris. <strong>La France se dit aussi prêt à discuter pour comprendre précisément pourquoi Pékin estime ses entreprises ciblées. Mais la position politique est ferme : le parlement français a adopté le texte, et le gouvernement affirme qu’il appliquera cette décision.</strong> <br />   <br />  Pour Pékin, le désaccord reste au contraire fondamental. Le ministère chinois du Commerce affirme que la France crée un obstacle commercial en utilisant des exigences environnementales qui ne produiraient pas les mêmes effets sur les enseignes françaises ou européennes. <strong>À ce stade, Pékin n’a pas détaillé la nature des représailles qu’il pourrait adopter. La France, elle, maintient le malus entré en vigueur le 1er septembre 2026.</strong> Le différend se trouve donc désormais sur deux terrains simultanés : celui du prix à payer par les modèles les plus agressifs de la fast-fashion et celui, beaucoup plus sensible, des règles qui permettent à un État de distinguer une politique environnementale légitime d’une restriction commerciale discriminatoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Pratiques commerciales trompeuses : Shein condamnée à une amende record</title>
   <pubDate>Thu, 03 Jul 2025 18:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Anton Kunin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[France]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Le 3 juillet 2025, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a infligé une amende record de 40 millions d'euros à Shein. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une enquête sur les pratiques commerciales de la marque chinoise, désormais au centre d'une polémique concernant ses stratégies de réduction des prix et ses allégations environnementales. Mais que cache cette sanction ? Quelles sont les conséquences pour l'entreprise et pour la législation française sur le commerce ?     <div><b>Shein : la DGCCRF constate « une fraude systématique sur les prix »</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.economie-hebdo.fr/photo/art/default/89716772-63392846.jpg?v=1751602871" alt="Pratiques commerciales trompeuses : Shein condamnée à une amende record" title="Pratiques commerciales trompeuses : Shein condamnée à une amende record" />
     </div>
     <div>
      Le 3 juillet 2025, Shein, le géant chinois de la « fast fashion », a été condamné à une amende de 40 millions d'euros par la DGCCRF pour des « pratiques commerciales trompeuses ». Cette décision survient après une enquête qui a mis en lumière une série de manœuvres manipulant les prix et les réductions, ainsi que des allégations environnementales non fondées. Si cette amende est la plus élevée jamais imposée pour ce type d’infraction, elle intervient dans un contexte où les pratiques des marques de mode à bas coût sont scrutées de plus en plus sévèrement par les autorités européennes. L'affaire soulève également des interrogations sur la régulation de la « fast fashion »et la transparence exigée des entreprises opérant sur le marché français. <br />   <br />  La DGCCRF a mis en évidence plusieurs pratiques déloyales de la part de Shein, notamment la manipulation des prix avant de proposer des réductions. <strong>Concrètement, l'enquête a révélé que la société Infinite Style E-commerce LTD (ISEL), responsable des ventes en France pour Shein, majorait régulièrement les prix avant de les abaisser sous forme de « promotions ».</strong> Cette manœuvre, qualifiée de tromperie, donnait aux consommateurs l'impression de faire de bonnes affaires alors que les réductions étaient en réalité fictives ou largement surestimées. <br />   <br />  Les résultats de l’enquête, réalisée entre octobre 2022 et août 2023, sont sans appel : 57% des promotions analysées n’offraient aucune réduction réelle, 19% étaient inférieures à celles annoncées, et 11% correspondaient à des hausses de prix déguisées en remises. Ces pratiques ont été jugées en violation directe avec la législation française, qui impose que toute réduction de prix soit calculée sur le prix de référence le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédant la promotion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Shein face aux accusations : une réponse rapide mais insuffisante ?</b></div>
     <div>
      En réaction à cette amende, Shein a déclaré avoir mis en œuvre des actions correctives dès la notification de la DGCCRF, intervenue en mars 2024. <strong>L'entreprise affirme avoir résolu les problèmes soulevés en deux mois, insistant sur le fait que ces ajustements n'ont eu <em>« aucun impact sur les prix finaux »</em> proposés aux consommateurs.</strong> Une réponse qui, selon certains observateurs, soulève des questions sur la sincérité de l'entreprise, d’autant plus que la DGCCRF continue de suivre de près l’évolution des pratiques de Shein. <br />   <br />  L'entreprise a également exprimé son engagement à respecter les obligations légales et réglementaires françaises, précisant que la mise en conformité avec les nouvelles règles de réduction des prix et les engagements environnementaux avait été faite dans les plus brefs délais. Cependant, l’ampleur de la sanction montre bien que la vigilance des autorités est désormais plus grande.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des allégations environnementales sur le banc des accusés</b></div>
     <div>
      Outre les pratiques commerciales, Shein est également pointée du doigt pour ses allégations environnementales trompeuses. L'enquête a révélé que l'entreprise n'a pas été en mesure de justifier ses déclarations concernant la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, en particulier l'engagement affiché de réduire ses émissions de 25%. Cette absence de preuves a renforcé l'idée que Shein utilise des discours environnementaux comme argument marketing, sans véritables bases solides. <br />   <br />  Les critiques de la fast fashion, accusée de promouvoir une consommation effrénée et d’être un vecteur majeur de pollution, se renforcent avec cette affaire. <strong>En France, les autorités appellent à une régulation plus stricte des pratiques des marques, d'autant que des lois comme la « loi anti ultra-fast-fashion » se préparent à l'automne 2025 pour encadrer plus sévèrement ce secteur.</strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​​Un signal envoyé aux autres acteurs de la « fast fashion »</b></div>
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      Cette amende de 40 millions d'euros est bien plus qu’une simple sanction. Elle représente un signal fort envoyé aux acteurs de la mode éphémère et à toute l’industrie de la consommation. Si elle n’est pas la première à viser une marque pour des pratiques commerciales trompeuses, elle reste la plus importante de l’histoire récente. <br />   <br />  Les autorités françaises, après ce premier coup de semonce, continuent de travailler sur l'élargissement des contrôles et sur un renforcement de la législation européenne concernant la protection des consommateurs. <strong>Cette amende vient aussi rappeler qu'aucune entreprise, aussi puissante soit-elle, n'est à l'abri d'une régulation de plus en plus stricte.</strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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